Nous avons entamé notre dernière semaine avec entrain et motivation, bien décidées à donner tout ce que nous pouvions à nos chers Congolais avant notre départ. Nous avions donc prévu travailler davantage, en faisant des formations en plus de notre quart de travail habituel. Cependant, les problèmes administratifs auxquels nos Congolais font face depuis notre arrivée ici ont freiné notre ardeur et nous n’avons pu donner que 2 formations. C’est aussi bien comme ça, car nous nous étions mis dans la tête d’organiser un petit party d’adieu pour nos Congolais le vendredi, et fidèles à notre habitude, nous y avons mis le paquet. J’y reviendrai plus tard. La semaine a donc été plutôt exténuante : lundi, mardi et jeudi, nous avons été au bureau de 12h à 14h, puis de 17h à minuit. Dans nos temps libres, nous faisions des courses en prévision du party. Il n’y a que mercredi, où nous nous la sommes coulée douce. En effet, Adrian, le boss du Call centre dans lequel nous travaillons, nous a gentiment invitées, Audrey, Chris (notre coloc) et moi à aller à Constantia, une vallée vinicole à quelques minutes de Cape Town. C’était notre dernière semaine de travail à tous les trois, alors Adrian tenait à célébrer notre départ d’agréable façon. Vous auriez dû nous voir, c’est comme si chacune de nous avait rencontré son jumeau : Chris, petit blondinet au taches de rousseur, discret (Audrey dirait secret!), posé, un peu stuck up (du moins en apparence), alors qu’Adrian est un bel homme dans la mi-quarantaine, très sûr de lui, avenant, très charmeur (flirter est son passe-temps préféré), ne passe jamais inaperçu et aime bien faire le clown. Les agents le surnomment Bond, c’est tout dire.
Bref, nous faisions deux belles paires : Chris et moi en avant, Adrian et Audrey en arrière. Les deux passagers arrière étaient plutôt turbulents et prenaient un malin plaisir à taquiner un Chris presque comateux (il n’avait dormi que quelques heures dans toute la semaine) qui tentait tant bien que mal de nous amener à destination. Vraiment, Audrey a rencontré son égal en la personne d’Adrian, et de voir les deux ensemble se lancer la réplique, bavasser et s’asticoter était hautement divertissant pour moi et Chris, qui en a même raté une sortie sur la route! Ce fût une petite escapade vraiment sympathique. Nos deux anglais sont des hommes tout à fait charmants dont nous nous ennuierons sans aucun doute.
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Après avoir goûté quelques vins et pris un délectable repas (le meilleur poisson que j’ai mangé de ma vie!) accompagné d’un excellent pinotage (une variété de vin unique à l’Afrique du Sud) dans un resto super sympa, nous avons pris le chemin du bureau. Disons que nous aurions bien aimé prendre la route vers notre lit, mais il faut ce qu’il faut! Pour les deux derniers jours de la semaine, nous avons été absorbées par l’organisation de notre petit party. Nous voulions faire quelque chose de spécial pour nos Congolais, pour mettre fin en beauté à nos six semaines de collaboration et pour leur faire savoir combien nous les avions appréciés. Nous avons donc entrepris de rédiger un diplôme à chacun pour souligner ce que nous nous rappellerions d’eux. Comme tout ce qui touche la technologie depuis que nous sommes ici, ce fût toute une aventure juste d’imprimer lesdits diplômes, mais nous y sommes parvenues. Le jeudi soir, nous sommes revenues à la maison à 1h avec l’intention de concocter deux plats typiques du Québec pour les faire goûter à nos Congolais : Audrey se chargeait du pâté chinois et moi, du pouding chômeur (un pouding chômeur sans cassonade, mais bon!). Nous avons donc popoté jusqu’à 4h heures, et nous sommes relevées à 7h pour faire les derniers préparatifs. Chris partait le matin-même, alors nous avons pris quelques minutes pour faire nos adieux. À notre retour de nos commissions, notre cher Anglais avait laissé une carte de Noël à notre attention… trop sweet ce mec :)
Bref, vendredi a été une journée forte en émotions. C’est étrange d’avoir tissé tous ces liens, de nous être attachées à tous ces gens, puis de dire au revoir, en sachant fort bien qu’il y a peu de chances qu’on les revoit. L’ironie dans tout ça, c’est que c’est dans les derniers moments, alors que les adieux sont imminents, qu’on dirait que les liens se renforcent, que chacun montre le meilleur de lui-même, comme si on voulait profiter des derniers instants pour garder de bons souvenirs. Nous espérons avoir laissé une aussi belle impression dans la tête et le cœur des gens que celle qu’ils ont laissée dans les nôtres.

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